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La musique ? On peut le dire que je suis tombée dedans quand j'étais
petite et même avant. Je devais en entendre dans le ventre de ma mère puisque mon père étudiait le chant lyrique. A la maison, il y avait une radio, un tourne-disque et
quelques disques : d'opéra, bien sûr et un de valses de Strauss sur lequel j'aimais danser comme une folle. Il y avait aussi des 45 tours de chants divers par Armand Mestral, Tony Poncet,
Mario Lanza. Un morceau que j'aimais tout particulièrement était la sérénade de Toselli. J'étais touchée par son caractère mélancolique et il paraît que j'obligeais tout le
monde à l'écouter !
Alors pour quoi pas vous ?
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Toute petite, j'avais déjà une très bonne oreille, puisque
j'arrivais à jouer des airs entendus à la radio sur mon petit piano-jouet rose. J'ai su lire les notes avant de savoir lire tout court.
Aujourd'hui encore, j'ai toujours l'oreille absolue.
J'ai commencé le piano à l'âge de sept ans et suis passée dans les mains de plusieurs professeurs lors de mes études au Conservatoire de Marseille puis de Strasbourg, avec, entre les
deux un passage en Allemagne. A Marseille, j'ai eu affaire à une professeure dont j'avais très peur car elle était très sévère allant jusqu'à nous "torturer" les doigts pour les
assouplir, ou à le faire faire par d'autres élèves (un exemple de torture : faire écarter deux doigts au coin d'une table ou replier la première phalange sur le doigt et appuyer !
Croyez-moi, ça fait très mal !) J'allais au conservatoire la peur au ventre et ça m'a conduit à adopter une très mauvaise tenue - crispée - au clavier, que j'ai payé plus
tard, car une telle tenue de permet pas de progresser. Ajoutez à cela que je n'ai jamais été un bourreau de travail et que ma mère devait bien souvent me forcer à me mettre au piano pour
travailler !
En revanche, la sévérité toute bienveillante de notre professeur de solfège Mme Chabert, ne m'a jamais pesée. Contrairement à beaucoup, j'aimais ça et j'étais à l'aise dans la
discipline.
Je ne suis donc jamais devenue une excellente instrumentiste - honnête tout au plus car j'avais de bonnes capacités de déchiffrage à vue.
Un piano a donc fait son apparition dans le petit appartement que nous habitions - loué au début, car nos moyens ne permettaient pas plus.
En fait ce qui me plaisait enfant, c'est la danse classique. J'avais dû voir des ballets en allant à l'opéra avec mes parents et ça me fascinait. Je n'ai réalisé mon rêve (prendre des
cours) que bien plus tard, une fois adulte.
A 14 ans, j'ai découvert Chopin,
d'abord par une biographie de Guy de Pourtalès : Chopin ou le poète, puis par sa musique. J'en suis littéralement tombée amoureuse, un peu comme les ados tombent amoureuses de leur
chanteur préféré. Cette passion a duré au point que j'ai appris le polonais à la fac puis lors d'un séjour linguistique en Pologne où, bien sûr j'ai fait tout le pèlerinage
chopinesque.
Malgré le plaisir que me procure la musique d'autres compositeurs, celle de Chopin reste pour moi, la musique de mon âme, celle qui m'exprime le mieux. Je n'ai jamais cessé de
m'intéresser (de façon plus musicologique depuis mon adolescence) à tous les ouvrages sérieux (pas le style Eve Ruggeri, si vous voyez ce que je veux dire) qui
paraissent sur ce compositeur et ma bibliothèque contient un rayon tout spécifique sur lui.
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